#Silversquare, #Coworker

« Les murs captent l’énergie qui est manifestée dans cet espace de travail, je l’ai tout de suite perçu en y entrant. »

Les circonstances de la Covid-19 ont forcé Thierry Janssen à fermer les locaux de l’école qu’il a créée à Bruxelles. Silversquare l’a accueilli ces derniers mois pour une série de cours dans la salle « Atlantis » de Bailli. Il partagera plus en détail son enseignement le 29 avril en vidéoconférence depuis SQ Bailly (lien inscriptions), en voici un aperçu en preview.


Tu es un homme aux multiples facettes ?
Après avoir pratiqué la chirurgie pendant 20 ans, j’ai dirigé la marque de prêt-à-porter Emporio Armani à Paris pendant un an (!) et puis je suis devenu psychothérapeute. Cela m’a amené à écrire, à enseigner et, finalement, à fonder l’École de la Posture juste – l’EDLPJ. Transmettre est ce qui me rend le plus joyeux. Initialement l’école était destinée aux soignants. Aujourd’hui elle accueille des professionnels d’autres secteurs, beaucoup d’entrepreneurs.

Tu as découvert les espaces de coworking pour la première fois cet automne, qu’en penses-tu?
L’énergie circule de manière très organique dans ces espaces de travail. Il y a de la fluidité, de l’ouverture et du lien. Cela m’a enthousiasmé. Les murs ont une mémoire et ils captent l’énergie manifestée dans ces lieux. Je l’ai tout de suite perçu en y entrant. C’est à la fois structuré et léger, concentré et en mouvement. C’est très vivant !

Est-ce que l’espace de coworking empêche la connexion avec soi-même?
Je ne l’ai pas vécu comme cela chez Silversquare. Certes il y a du mouvement et du bruit. Mais on peut être plongé dans cette ambiance tout en restant connecté au silence qui est en nous. Le silence n’est pas l’absence de bruit, c’est l’espace dans lequel les bruits apparaissent et disparaissent. Il est l’essence de notre présence au monde, la nature même de la conscience. Car la conscience ne pense pas, elle constate, tout simplement. Elle ne peut s’éveiller en nous que si notre coeur est ouvert. Cela demande d’être là, sans jugement, dans l’accueil de ce qui est. L’espace de coworking me parait favoriser cette ouverture.

Dans cette période difficile, quelle approche recommandes-tu?
Avant toute chose : favoriser l’éveil de la conscience. La période que nous vivons réactive nos grandes peurs existentielles : la peur d’être confronté à l’inconfort et à la mort, la peur de manquer de ressources et d’être esseulé, la peur de devoir se soumettre à la volonté d’autrui pour pouvoir continuer à exister ou, encore, la peur de perdre le contrôle sur les autres et notre environnement. La plupart du temps nous y répondons en mettant en place des comportements qui, hélas, finissent par recréer ce que nous redoutions. On appelle cela la névrose. Nos comportements névrotiques génèrent beaucoup de tensions, de conflits, de séparations et de souffrances.

Dès qu’on en prend conscience, on peut s’ajuster pour créer une autre réalité. Chacune de ces peurs génère des émotions et donc des mouvements d’énergie dans notre corps. Il est très important d’être en contact avec notre corps. Pour cela je recommande de respirer profondément. Il s’ensuit un rééquilibrage au niveau de notre cerveau entre les zones qui génèrent l’angoisse et la tension, et celles qui génèrent la positivité et la détente.

Je l’ai dit : la conscience n’est pas le mental qui pense. Favoriser l’éveil de la conscience en nous demande de calmer notre mental. Ce n’est pas si simple car, depuis l’enfance, nous avons été conditionnés à privilégier la pensée. Personnellement je ne connais pas de meilleur moyen d’apaiser le mental que méditer. Autoréguler l’attention  dans l’instant présent. Et, mieux encore, méditer dans le corps en mouvement. Le yoga ou le qi gong sont excellents pour cela.

As-tu une recette miracle pour atteindre le bonheur ?
Je préfère plutôt parler d’épanouissement que de bonheur. Comme je préfère parler de joie de vivre plutôt que de contentement. Des enquêtes très sérieuses montrent que ce qui rend accompli et joyeux, c’est de pouvoir exprimer le meilleur de soi, au service d’un projet plus grand que soi, en lien avec les autres. Souvent on cherche le bonheur en accumulant des biens et en se démarquant des autres.

Tu as aussi eu des moments difficiles ?
Comme tout le monde, sans doute. J’ai perdu des êtres chers, je ne me suis pas toujours senti accepté, j’ai traversé des périodes de profonde remise en question professionnelle et aussi des crises spirituelles. À un moment, j’ai eu besoin de me mettre en retrait pour prendre du recul.

Beaucoup de personnes en burnout ou en dépression sont en retrait forcé. Je pense qu’il est préférable de faire une pause volontaire avant de tomber malade. Il n’est pas forcément nécessaire de s’isoler pour faire une retraite, on peut développer en soi un espace intérieur où la conscience éveillée constate, sans jugement et avec objectivité, ce qu’est vraiment notre vie.

As-tu un conseil pour les entrepreneurs qui nous lisent?
Dans une période d’incertitude et de changement comme celle que nous traversons, il me parait important de nous rappeler que notre cerveau a un système de motivation et de récompense qui dépend de la dopamine. Comme son nom l’indique, ce neurotransmetteur nous dope et nous donne l’énergie nécessaire pour réaliser nos projets.

Le drame est que si nos projets ne se concrétisent pas, les taux de dopamine chutent. Cela s’accompagne d’une baisse d’énergie et d’un sentiment de dépression. Nous sommes alors tentés de former de nouveaux projets pour faire remonter nos taux de dopamine. Cela peut devenir une véritable addiction. Hélas, si nos projets sont irréalistes, de déception en déception, le circuit de la dopamine s’épuise. La dépression s’installe alors de manière durable. Il est donc très important de ne pas imaginer des projets à trop long terme ni trop ambitieux par rapport à la réalité du moment. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut plus imaginer et rêver mais, plutôt, de le faire en tenant compte des circonstances, en ne décidant pas trop longtemps à l’avance de l’issue que devraient avoir nos projets. Il s’agit de rester flexibles et adaptables en fonction de l’évolution des situations.

Quelles perspectives pour le futur?
Le futur n’existe pas encore, c’est nous qui allons le créer. Plus nous serons conscients de ce qui joue en nous et autour de nous, plus nous constaterons notre névrose, plus nous pourrons nous ajuster et, donc, plus nous pourrons agir avec justesse aujourd’hui. Nous aurons alors des comportements beaucoup plus respectueux de la vie qui est en nous et autour de nous.


Thierry Janssen a écrit de nombreux livres. Le dernier appelé « La Posture juste » est paru aux éditions L’Iconoclaste en 2020

Propos recueillis par Muriel Van Severen, membre SQ Louise.

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